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En 1914, les avions d'observation...











Peut-être est-il utile de rappeler qu'en 1914, juste avant le début de la 1ère guerre mondiale, l'armée française, dans sa très grande majorité, ne voyait dans l'aviation naissante, qu'une activité farfelue et sportive tout au plus, mais sûrement pas un moyen de combat. Seuls quelques très rares officiers,  -   peut-on les appeler «visionnaires» ?... plutôt «conscients» -, se passionnaient pour cet engin et voyaient en lui tout une partie de l'avenir.

Le Lieutenant-Colonel ESTIENNE était de ceux-là. Il fera tout pour que chaque régiment d'artillerie soit équipé de deux avions d'observation et de réglage . La déclaration de guerre surviendra avant qu'il n'arrive à un résultat et il sera le seul à partir avec «ses voltigeurs». Le résultat ne se fera pas attendre et la bataille de la Marne qui suivra démontrera immédiatement l'absolue nécessité de ces appareils.

Il est navrant de constater que, grâce à l'obstination de certains, les régiments d'artillerie français ne retrouverons leurs «voltigeurs» qu'en 1943 pour en être à nouveau privés en 1945, les récupérer en 1952, et s'en désintéresser définitivement en 1962.


En août 1914, à la déclaration de guerre, l'armée française disposait de 132 avions, destinés, avant tout à l'observation.








S'il y avait 132 avions, au total, en août 1914, il y avait, en novembre 1918, 160 escadrilles d'observation soit 1600 avions sur un total de plus de 19.000 appareils...

En 1915, le Général PETAIN conclut :

«... la coordination artillerie-infanterie exige l'intervention de l'aviation d'observation dans les réglages d'artillerie lors de tirs de barrage, d'accompagnement ou de contre-batterie...»


Le Maréchal JOFFRE, à propos de PETAIN qu'il avait nommé pour défendre Verdun écrit :

«On ne devra jamais oublier que, par l'étude incessante des procédés de combat ennemis, il a fait réaliser à notre armée les plus grands progrès tactiques de toute la guerre; en particulier, la liaison de l'aviation et de l'artillerie qui fut si féconde.»


Le Feldmarschall LUDENDORFF écrira à ce sujet :

«Une artillerie puissante, parfaitement dirigée par les avions, servie par une accumulation énorme de munition, avait battu et mis en pièces notre propre artillerie...»


Il faut croire que les avis et opinions de ces personnages, pour ne citer qu'eux, étaient tellement anodins que, en particulier, les dirigeants du Ministère de l'Air ainsi que de l'Armée de l'Air, organismes nouvellement créés en 1933, imbus de leurs prérogatives, nouvelles elles aussi, n'en tiendront aucun compte, avec les conséquences catastrophiques que, maintenant, on connait bien.




D'après ce que j'ai réussi à retrouver, il y avait, en août 1939, en matière d'avions d'observation et de reconnaissance (armée de l'air) :

97 Bloch 131 et 53 Potez 637 : bombardiers modernes bimoteurs utilisés pour la reconnaissance,

4 Bloch 200 et 79 Potez 540/542 : bimoteurs deja obsolètes en 39,

134 Mureaux 115/117 à comparer avec le Heinschel 126.


De son côté, la Luftwaffe alignait :

214 Dornier 17, bimoteurs de reconnaissance lointaine,

23 Heinkel 111,

60 Heinkel 46 comparables au Bréguet 27,

214 Heinschel 126.


Il est à remarquer que le Fieseler Storch n'est pas considéré comme avion d'observation mais comme appareil «de liaison». Pourtant, 2500 seront construits jusqu'en 1943 : ils serviront à tout et, très certainement, aussi à l'observation et au réglage d'artillerie... En mai 40, en Belgique, 50 Storch transporteront un commando de 100 hommes (2 par appareil en plus du pilote) à l'arrière des lignes belges pour y semer la panique (héliportage avant l'heure...). Le même scénario se produira lors de l'invasion du Luxembourg, le 10 mai 1940,  les Storch faisant alors trois rotations sans aucune résistance. 



L'artillerie française, privée de tout moyen aérien d'observation – on a vu ce qu'il en était des ballons et on pourra voir ce qu'il adviendra des autogires – va réclamer jusqu'à la dernière limite (voir le rapport ci-après datant du 5 juin 1940 !...) ces avions légers d'observation et de réglage de tir qui lui font si cruellement défaut.

A lire ces lignes, on peut penser qu'il s'agissait bien là de Fieseler Storch quand il est évoqué « ...un petit avion lent a train d'atterrissage apparent... », le train du Storch étant effectivement très caractéristique.





 

            

                

               



Archives Général COFFRAND















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