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Le Lieutenant Colonel CRESPIN

Une saga, un mythe ?

Quo non ascendet ? *










Le Lieutenant Colonel CRESPIN va faire une très belle guerre, tout d'abord en 1939-40,
puis à partir de la fin 1942, étant incorporé dans l' Armée d'Afrique.


Spécialiste des Corps Francs, il va, entre autres, s'illustrer à la tête de sa section au 
1er Bataillon de Choc. Le nombre de ses citations témoigne de son parcours exceptionnel
à cette époque, dont le récit eut été sûrement passionnant.


La guerre terminée, il va se spécialiser dans la formation sportive militaire :
Ecole du Risque, Centre d'Education Physique de la 25° Division Aéroportée, 
conseiller technique au cabinet du Général de Lattre de Tassigny, puis,
enfin, au cabinet du Ministre des Forces Armées, au Service Central des Sports 
de l'Etat-Major des Forces Armées «Guerre».


Il sera nommé Capitaine le 1er janvier 1949.


Désigné pour des compétitions automobiles, il fera l'essai de la « Jeep Delahaye »,
avec, en finale, le raid Alger-Le Cap en vue de son adoption par les Armées.
Chacun se souvient que ce véhicule ne fut, malheureusement pas, un succès.


Toujours au cabinet du Ministre, le Capitaine CRESPIN est désigné, au début
du second semestre 1953, pour un stage de formation de pilote d'hélicoptère 
chez HÉLICOP'AIR, stage commun avec les cadres Officiers et Sous-Officiers désignés
par la DPMAT, après sélection sur avions.


Le Capitaine CRESPIN partira pour l'Indochine les tous derniers jours de décembre 1953.
« ...Cet officier pilote (le Capitaine Crespin) fut pris en compte sur le plan de l'instruction
opérationnelle par la section hélicoptère de l'E.L.A. 52 et effectua son premier vol en Indochine,
sous mon contrôle, le 20 janvier 1954 »
(Colonel SANTINI, Colloque sur les Hélicoptères, 1987).


Le Capitaine CRESPIN va être nommé Chef de Bataillon, à titre exceptionnel, le 1er avril 1954.
Il prend le commandement du GFHATI - Groupement des Formations d'Hélicoptères
de l'Armée de Terre en Indochine – créé le 16 avril 1954, tout en étant officier opérations
de la 65° Escadre Mixte d'Hélicoptères créée pour mettre en oeuvre tous les hélicoptères d'Indochine.


Comme chacun sait, le cessez-le-feu intervient en juillet 1954 et 65° Escadre et GFHATI 
seront dissous début 1955 et le CB CRESPIN rentre en France avec son personnel en mars 1955.


En avril 1955, il prend, à Sétif, le commandement du GH2, qui fera le magnifique travail
opérationnel que l'on connait.


Le 31 mars 1958, il est promu Lieutenant Colonel, à nouveau à titre exceptionnel. 
Le 1er juillet 1958 le commandement du Groupement 101, nouvellement créé 
et couvrant l'ALAT du Constantinois, lui est confié, tout en restant stationné au GH2.


En septembre 1960, il prend, pour quelques mois, le commandement de l'ESALAT
à Dax avant de quitter l'armée et d'exercer des postes de très haut niveau 
au Ministère de la Jeunesse et des Sports.







                      *Devise de Nicolas Fouquet Surintendant des Finances de Louis XIV


















Malheureusement, quelques ombres ternissent cette carrière exceptionnelle...





Le Who's Who 1984-85, page 380, nous apprend que le Lieutenant Colonel CRESPIN
déclare être «évadé de France». Après l'armistice de juin 1940 et avant novembre 1942,
date du débarquement anglo-américain en AFN (que personne n'imaginait à l'époque),
l'armée d'armistice de ces régions a tout mis en oeuvre pour activer engagements et rengagements,
entre autres grâce à des livrets qui existent encore. Et les liaisons maritimes étaient régulières
et parfaitement sûres entre Marseille et Alger. Il semble que le Lieutenant Colonel CRESPIN
soit passé en AFN entre 1940 et 1942.





De 1947 à 1953, le Capitaine CRESPIN est « au Cabinet du Ministre des Forces Armées ».
Alors qu'à cette époque la quasi totalité des Officiers d'Infanterie entament un deuxième séjour
en Indochine, il n'a jamais été inscrit au tour de départ. Par contre, milieu 1953, il est désigné,
comme on l'a dit, pour un stage de pilote d'hélicoptère en vue d'une affectation à un commandement
à créer en Indochine (alors qu'il existe déjà des officiers de l'ALOA qui ont ce brevet).

Pourquoi cette désignation inspirée apparemment par le Général GAMBIEZ, son ancien chef 
aux Corps Francs alors CEM en Indochine ? Des influences «occultes» ? La volonté de contrebalancer 
la position, l'action, et ce qu'on pourrait appeler la «virulence» du Colonel LEJAY pour mettre 
en place l'ALAT qu'il sait poindre sous l'ALOA qui vient juste de démarrer ? Probablement les deux.





Le Cne CRESPIN fait son stage de pilote chez HÉLICOP'AIR dirigé par Monsieur BORIS,
ancien pilote de Lysander pendant la guerre. A la fin du stage, dans les derniers jours
de décembre 1953, ce dernier, après avis de tous les instructeurs civils, va s'opposer à l'obtention
du brevet par le Cne CRESPIN : il n'a pas suivi tous les cours ni le programme instruction en vol.





Le Capitaine CRESPIN est prévenu, apparemment ne rend pas compte, et part en Indochine comme prévu.
Le Capitaine SANTINI, de l'Armée de l'Air, qui le réceptionnera et le fera voler,
ne sera manifestement pas au courant de ce fait.





Le Lieutenant Colonel CRESPIN sera probablement le seul officier subalterne 
puis supérieur de l'ALAT ayant exercé un commandement
sans détenir un brevet ALAT.













Sa nomination au grade de Lieutenant Colonel est également «particulière» :



En 1957, le Général LEJAY recevra du cabinet du Ministre un état de proposition du Commandant CRESPIN
au grade de Lieutenant Colonel, là aussi à titre exceptionnel (il avait été nommé Chef de Bataillon en 1954).
Il refusera cette proposition en renvoyant l'état avec avis défavorable. 
Il dira ensuite qu'il « avait signé là son arrêt de mort ».





N'oublions pas que le Général LEJAY sera « démis de ses fonctions »,
avec l'élégance que l'on sait, en décembre 1957.







Le Chef de Bataillon puis Lieutenant Colonel CRESPIN va forger avec le GH2, mais surtout 
grâce à la valeur de son personnel de tous grades et de toutes fonctions, un outil magnifique
qui sera la plus grosse unité dotée d'hélicoptères de l'Algérie.

Mais il semble évident que les moyens dont disposait le Lieutenant Colonel CRESPIN
étaient très supérieurs à la moyenne, ce qui facilite les choses.

D'autre part, il semble que sa méthode de commandement était loin de convenir à tous.
Il avait un charisme certain pour tout une partie de son personnel qui ne verra jamais
que par lui, quand le reste – y compris le reste de l'ALAT – fera son possible pour lui échapper.

Dès le retour du GFHATI en France en mars 1955, certains de ses cadres défileront à la «baraque»
de l'avenue de Saxe, siège de l'Etat-major, oh combien modeste !, de l'ALAT pour y demander 
une affectation hors de ce qui sera le futur GH2. Quelques uns se renseigneront auprès de l'Armée de l'Air.

Le Général MARTINI rapporte, page 138 de son mémoire de thèse : 
« ... Le Lieutenant de Vaisseau BAILLY est le premier Pacha du détachement (de la Royale au GH2).
Ses relations avec CRESPIN seront tendues au point qu'il demandera à être relevé
de son commandement et quittera Sétif en juin 1957... »
Pourquoi ? Ce ne sera pas le seul.








Dans une lettre du 17/01/62, le Commandant PETITJEAN, Commandant le GH2 depuis décembre 1960, 
écrit au Lieutenant Colonel BERTHELOT, Commandant le Groupement 101 à Constantine :
« ...Vous savez bien que je me débats avec un personnel insuffisant, dont la moitié attend la relève
avec impatience et dont l'autre moitié n'était pas volontaire pour venir au GH2 ... »
Le même avait déjà écrit, en décembre 1960 à sa prise de fonctions : « ... J'arrive dans une unité, où,
à de rares exceptions près, comme vous le savez, aucun pilote de banane a moins de 3 ans
de séjour en Algérie. ... Ils redoutent d' ''être vidés de l'ALAT comme des malpropres''. Ils songent 
qu'ils n'auront jamais en métropole ou aux FFA des postes ALAT, affectations rendues plus difficile du fait
qu'ils n'ont jamais pu faire leur stage avion ... »





En effet, il apparaît que le Lieutenant Colonel CRESPIN qui, dans la réalité des choses,
a commandé le GH2 jusqu'à son départ en septembre 1960, mettait tout en oeuvre pour y garder,
le plus longtemps possible, « son »
personnel, issu en particulier du GFHATI, et éviter qu'il n'aille
faire un stage pilote avion – à une époque où il fallait être à la fois avion et hélico – 
car, dans ce cas, il ne revenait pas au GH2 une fois le stage terminé.











Quant à l'opinion de «ceux de COMALAT», elle était souvent la suivante :
« ... en Algérie, chacun sait que les moyens de la « Crespin Air Force » étaient distribués à la tête du client :
tout pour certains, rien pour les autres ... »

















Il est toujours dommage d'être obligé de détruire un peu de la légende d'un exceptionnel personnage,
mais les dithyrambes dont l'ont couvert ses laudateurs peuvent être tempérés des faits exacts passés.












Les influences occultes ?






Qui ? Mystère : peut-être quelqu'un de l'EMIFT attendant avec

impatience sa rosette ...

« Passe-moi la moutarde, je te passerai le séné ... »














La méthode dite '' du Cabinet du Ministre ''

Quelques exemples








Le Lieutenant Colonel BERTHELOT était alors Chef d'Etat-Major de l'ALAT
















La méthode dite '' du Cabinet du Ministre ''
















La méthode dite '' du Cabinet du Ministre ''















La méthode dite '' du Cabinet du Ministre ''















La méthode dite '' du Cabinet du Ministre ''














La méthode dite '' du Cabinet du Ministre ''



















La méthode de commandement ?

(vue par un humoriste)

Le Commandant de la CRALAT referme lui-même la porte

qu'il avait faite ouvrir sans en référer ...




















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